INITIATIVE DE PRODUCTION DE BEURRE DE KARITÉ SOLAIRE :
Les 5 bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de cette solution solaire dépassent le simple remplacement du bois-énergie. Ils concernent à la fois les conditions de travail des femmes, la réduction des coûts de production, la préservation des ressources forestières, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et, à terme, la valorisation commerciale d’un beurre de karité produit à partir d’une énergie renouvelable.
Toutefois, afin de rester prudents dans l’appréciation des bénéfices économiques attendus, les estimations ci-dessous reposent sur des hypothèses volontairement conservatrices, tenant compte du niveau actuel d’équipement des coopératives et des difficultés d’accès aux marchés auxquelles elles sont confrontées.
Les hypothèses conservatrices retenues
Les 5 bénéfices attendus
Un investissement énergétique durable et polyvalent
L’installation repose sur une source d’énergie solaire renouvelable, avec des panneaux photovoltaïques dont la durée de vie peut atteindre environ 20 à 25 ans, sous réserve d’un entretien approprié.
Au-delà de la cuisson du beurre de karité, une installation correctement dimensionnée pourrait également permettre d’alimenter certains équipements de transformation, notamment les moulins, concasseurs et autres équipements électriques, contribuant ainsi à améliorer progressivement la productivité et la capacité de transformation des coopératives.
Cette polyvalence constitue un avantage important : l’investissement ne serait donc pas uniquement destiné à remplacer le bois utilisé pour la cuisson, mais pourrait contribuer plus largement à la modernisation énergétique des unités de transformation.
De meilleures conditions de travail pour les femmes
Le remplacement du bois-énergie permettrait de réduire l’exposition des femmes aux fumées, à la chaleur et aux contraintes liées à la manutention et à l’approvisionnement en bois.
La solution solaire devrait également permettre une meilleure maîtrise de la température et du processus de cuisson, avec des conditions de travail plus confortables et potentiellement plus régulières tout au long de l’année.
Ces bénéfices sociaux et liés aux conditions de travail sont importants, même s’ils restent difficiles à monétiser à ce stade.
Une réduction importante de la consommation de bois-énergie
En retenant l’hypothèse prudente de 100 tonnes de beurre produites par an par les dix coopératives, et l’hypothèse de 5 kg de bois évités pour chaque kilogramme de beurre produit, le remplacement du bois par l’énergie solaire permettrait d’éviter la consommation d’environ :
100 tonnes de beurre × 5 = 500 tonnes de bois par an.
Sur la base d’un prix moyen de référence de 75 FCFA/kg de bois de chauffe, retenu pour les besoins de cette estimation et correspondant à une hypothèse intermédiaire pour la zone de Parakou, l’économie annuelle potentielle serait de :
500 000 kg × 75 FCFA = 37 500 000 FCFA/an, soit environ 57 000 euros par an.
Cette estimation ne tient compte que de l’économie directe réalisée sur l’achat du bois. Elle ne valorise pas encore les autres bénéfices économiques, sociaux et environnementaux de la solution. La réduction de 500 tonnes de bois consommées annuellement contribuerait également à réduire la pression exercée sur les ressources forestières dans les zones concernées.
Une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre
Sur la base d’une hypothèse volontairement prudente de 1 kg de CO₂ évité par kilogramme de bois non consommé, les 500 tonnes de bois économisées correspondraient à environ : 500 tonnes de CO₂ potentiellement évitées par an.
Cette estimation constitue un ordre de grandeur initial et devra être affinée à travers un dispositif approprié de mesure et de suivi si l’on souhaite ultérieurement envisager une valorisation carbone.
À moyen terme, les réductions d’émissions pourraient constituer une opportunité de valorisation sous forme de crédits carbone, mais cette perspective doit être considérée avec prudence. Elle nécessiterait notamment de documenter précisément les consommations évitées, la situation de référence, l’additionnalité, la part de biomasse non renouvelable et les autres exigences méthodologiques applicables.
Les éventuels revenus carbone ne sont donc pas intégrés dans le calcul économique présenté ci-dessus.
Une opportunité de différenciation commerciale
La production de beurre à partir d’une énergie renouvelable pourrait également permettre de développer progressivement une identité commerciale autour du « beurre de karité solaire », en valorisant son caractère plus respectueux de l’environnement.
Cette approche pourrait être renforcée par :
– une meilleure qualité du beurre ;
– une cuisson plus homogène et mieux maîtrisée ;
– une meilleure traçabilité ;
– une réduction de l’empreinte environnementale ;
– et, à terme, une capacité à répondre aux exigences d’acheteurs recherchant des matières premières plus durables.
Une prime commerciale potentielle de 5 à 10 % pourrait ainsi être testée auprès des acheteurs, mais elle ne doit pas être considérée comme acquise à ce stade. Sa réalité devra être démontrée par les tests de marché et les négociations avec les acheteurs.
En conclusion
Un investissement qui présente un potentiel de retour rapide
Sur la base d’un investissement initial estimé à environ 50 000 € pour dix coopératives, les seules économies réalisées sur l’achat du bois représenteraient, selon notre hypothèse prudente, environ 57 000 € par an.
Le temps théorique de retour simple sur investissement serait donc de l’ordre de :
50 000 € ÷ 57 000 € × 12 = environ 10,5 mois.
Ainsi, même dans un scénario volontairement prudent, ne prenant en compte ni les gains de productivité, ni les éventuelles économies liées à l’utilisation du solaire pour d’autres équipements, ni une éventuelle prime commerciale, ni une future valorisation carbone, l’investissement présente un potentiel de retour simple inférieur à un an.
C’est précisément ce qui rend l’approche intéressante : le modèle peut rester économiquement pertinent sans avoir besoin de valoriser dès aujourd’hui les bénéfices environnementaux et commerciaux les plus difficiles à mesurer, même s’ils sont fondamentaux.
Économie de bois + amélioration des conditions de travail + gains potentiels de productivité + différenciation commerciale + potentiel de valorisation carbone = un modèle présentant un potentiel économique, social et environnemental significatif.
L’ambition de NOVA et de ses partenaires
C’est l’ambition de NOVA, en partenariat avec la FNPK-Bénin et les autres acteurs de la filière, de démontrer progressivement la faisabilité, l’acceptabilité sociale et la viabilité économique de cette solution au sein des coopératives de femmes productrices de karité en Afrique.
L’objectif n’est pas uniquement de déployer une technologie, mais de construire et documenter un modèle reproductible, adapté aux réalités des coopératives et à leur niveau actuel de développement.
Cette démarche devra notamment permettre :
- de démontrer les bénéfices économiques et sociaux de la transition vers l’énergie solaire ;
- de réduire progressivement la consommation de bois-énergie ;
- d’améliorer les conditions de travail des femmes ;
- de renforcer la qualité et la traçabilité du beurre ;
- de professionnaliser progressivement les coopératives ;
- de faciliter leur accès aux marchés ;
- et de créer, à terme, les conditions permettant une éventuelle valorisation des réductions d’émissions.
Le partenariat avec la FNPK-Bénin, qui fédère les organisations de femmes productrices d’amandes et de beurre de karité et dispose d’un réseau important de coopératives dans les principales zones de production du pays, constitue à cet égard un levier important pour documenter, accompagner et progressivement répliquer cette approche.
À mesure que les économies générées par la réduction de la consommation de bois seront démontrées, que les coopératives amélioreront leur productivité et leur accès aux marchés et que des débouchés à plus forte valeur seront sécurisés, la contribution financière nécessaire par coopérative pourrait progressivement diminuer, permettant d’envisager une mise à l’échelle plus autonome du modèle.
En résumé
Une solution énergétique durable, adaptée aux réalités des coopératives, permettant de réduire la consommation de bois, d’améliorer les conditions de travail, de renforcer progressivement la compétitivité des unités de transformation et de créer les conditions d’une meilleure valorisation commerciale et environnementale du beurre de karité.
Avec des hypothèses volontairement prudentes — 10 tonnes de beurre par coopérative et par an et 75 FCFA/kg de bois — le modèle permettrait déjà d’économiser environ 500 tonnes de bois par an pour dix coopératives, soit près de 37,5 millions FCFA (environ 57 000 €) d’économie annuelle, (et donc 500 tonnes de CO2 évités) sans même valoriser les autres bénéfices attendus.






