INITIATIVE DE PRODUCTION DE BEURRE DE KARITÉ SOLAIRE : 
Les 5 bénéfices attendus

Les bénéfices attendus de cette solution solaire dépassent le simple remplacement du bois-énergie. Ils concernent à la fois les conditions de travail des femmes, la réduction des coûts de production, la préservation des ressources forestières, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et, à terme, la valorisation commerciale d’un beurre de karité produit à partir d’une énergie renouvelable.

Toutefois, afin de rester prudents dans l’appréciation des bénéfices économiques attendus, les estimations ci-dessous reposent sur des hypothèses volontairement conservatrices, tenant compte du niveau actuel d’équipement des coopératives et des difficultés d’accès aux marchés auxquelles elles sont confrontées.

Les hypothèses conservatrices retenues

Il est important de ne pas surestimer la capacité actuelle des coopératives.

Une coopérative disposant d’un complexe de transformation du karité relativement complet — comprenant notamment un moulin, un concasseur et, selon les cas, un torréfacteur, une baratte et d’autres équipements — peut atteindre une production moyenne de l’ordre de 1 tonne de beurre par mois, soit environ 12 tonnes par an, lorsque l’approvisionnement en amandes et l’accès au marché sont assurés.
Cependant, la situation actuelle des coopératives ciblées est très différente. Deux coopératives sur trois ne disposent actuellement d’aucun équipement de transformation significatif, ce qui ne permet pas de retenir directement ce niveau de performance comme hypothèse de production. Afin de rester réaliste, nous proposons donc de retenir, pour les premières estimations, une hypothèse prudente de 10 tonnes de beurre par coopérative et par an.

Sur la base de 10 coopératives, cela correspondrait à une production potentielle d’environ : 10 tonnes × 10 coopératives = 100 tonnes de beurre par an.
Cette estimation devra naturellement être ajustée en fonction du niveau d’équipement effectivement installé, de la disponibilité des matières premières, de la capacité de travail des coopératives et surtout de leur capacité à accéder durablement aux marchés.

Il convient également de souligner que l’augmentation de la capacité de production ne garantit pas à elle seule l’augmentation des revenus des coopératives.
Les coopératives font actuellement face à des difficultés importantes d’accès aux marchés et de sécurisation des débouchés commerciaux. Si ces contraintes ne sont pas levées, une augmentation de la capacité de transformation pourrait ne pas se traduire par une augmentation équivalente de la production effectivement vendue.

Le développement de la solution solaire devra donc être accompagné d’actions visant à :

  • renforcer la qualité et la régularité du beurre produit ;
  • améliorer la traçabilité ;
  • renforcer les capacités commerciales des coopératives ;
  • faciliter leur accès aux acheteurs et aux marchés à plus forte valeur ;
  • développer des partenariats avec des transformateurs, exportateurs et entreprises utilisatrices de beurre de karité.

L’équipement solaire doit donc être considéré comme un levier de compétitivité et non comme une solution isolée.

  • Pour 1 kg de beurre de karité, 5 kg de bois évité
  • Pour 1 kg de beurre de karité, 7,5 kg de CO2 évité
  • 1, 5 kg de CO2 évité par kg de bois. En fait si le bois est sec 1,8 kg sont évités. De plus cela ne concerne que le CO2 libéré à la combustion. Un foyer traditionnel produit aussi du monoxyde de carbone, du méthane et des particules à cause de la combustion incomplète. Enfin pour un bilan climatique complet il faudrait aussi tenir compte le renouvellement ou non de la ressource forestière. L’hypothèse retenue de 1,5 kg de CO2 par kg de bois est donc particulièrement prudente.
  • Prix moyen de 1 kg de bois au centre ou dans le nord du Bénin : entre 50 et 100 FCFA le kilo soit en moyenne 75 FCFA, soit 7500 F CFA pour 100Kg, soit 11,25 euros pour 100 kg

Les 5 bénéfices attendus

Un investissement énergétique durable et polyvalent

L’installation repose sur une source d’énergie solaire renouvelable, avec des panneaux photovoltaïques dont la durée de vie peut atteindre environ 20 à 25 ans, sous réserve d’un entretien approprié.
Au-delà de la cuisson du beurre de karité, une installation correctement dimensionnée pourrait également permettre d’alimenter certains équipements de transformation, notamment les moulins, concasseurs et autres équipements électriques, contribuant ainsi à améliorer progressivement la productivité et la capacité de transformation des coopératives.
Cette polyvalence constitue un avantage important : l’investissement ne serait donc pas uniquement destiné à remplacer le bois utilisé pour la cuisson, mais pourrait contribuer plus largement à la modernisation énergétique des unités de transformation.

De meilleures conditions de travail pour les femmes

Le remplacement du bois-énergie permettrait de réduire l’exposition des femmes aux fumées, à la chaleur et aux contraintes liées à la manutention et à l’approvisionnement en bois.
La solution solaire devrait également permettre une meilleure maîtrise de la température et du processus de cuisson, avec des conditions de travail plus confortables et potentiellement plus régulières tout au long de l’année.
Ces bénéfices sociaux et liés aux conditions de travail sont importants, même s’ils restent difficiles à monétiser à ce stade.

Une réduction importante de la consommation de bois-énergie

En retenant l’hypothèse prudente de 100 tonnes de beurre produites par an par les dix coopératives, et l’hypothèse de 5 kg de bois évités pour chaque kilogramme de beurre produit, le remplacement du bois par l’énergie solaire permettrait d’éviter la consommation d’environ :
100 tonnes de beurre × 5 = 500 tonnes de bois par an.

Sur la base d’un prix moyen de référence de 75 FCFA/kg de bois de chauffe, retenu pour les besoins de cette estimation et correspondant à une hypothèse intermédiaire pour la zone de Parakou, l’économie annuelle potentielle serait de :
500 000 kg × 75 FCFA = 37 500 000 FCFA/an, soit environ 57 000 euros par an.
Cette estimation ne tient compte que de l’économie directe réalisée sur l’achat du bois. Elle ne valorise pas encore les autres bénéfices économiques, sociaux et environnementaux de la solution. La réduction de 500 tonnes de bois consommées annuellement contribuerait également à réduire la pression exercée sur les ressources forestières dans les zones concernées.

Une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre

Sur la base d’une hypothèse volontairement prudente de 1 kg de CO₂ évité par kilogramme de bois non consommé, les 500 tonnes de bois économisées correspondraient à environ : 500 tonnes de CO₂ potentiellement évitées par an.

Cette estimation constitue un ordre de grandeur initial et devra être affinée à travers un dispositif approprié de mesure et de suivi si l’on souhaite ultérieurement envisager une valorisation carbone.

À moyen terme, les réductions d’émissions pourraient constituer une opportunité de valorisation sous forme de crédits carbone, mais cette perspective doit être considérée avec prudence. Elle nécessiterait notamment de documenter précisément les consommations évitées, la situation de référence, l’additionnalité, la part de biomasse non renouvelable et les autres exigences méthodologiques applicables.

Les éventuels revenus carbone ne sont donc pas intégrés dans le calcul économique présenté ci-dessus.

Une opportunité de différenciation commerciale

La production de beurre à partir d’une énergie renouvelable pourrait également permettre de développer progressivement une identité commerciale autour du « beurre de karité solaire », en valorisant son caractère plus respectueux de l’environnement.

Cette approche pourrait être renforcée par :
– une meilleure qualité du beurre ;
– une cuisson plus homogène et mieux maîtrisée ;
– une meilleure traçabilité ;
– une réduction de l’empreinte environnementale ;
– et, à terme, une capacité à répondre aux exigences d’acheteurs recherchant des matières premières plus durables.

Une prime commerciale potentielle de 5 à 10 % pourrait ainsi être testée auprès des acheteurs, mais elle ne doit pas être considérée comme acquise à ce stade. Sa réalité devra être démontrée par les tests de marché et les négociations avec les acheteurs.

En conclusion

Un investissement qui présente un potentiel de retour rapide

Sur la base d’un investissement initial estimé à environ 50 000 € pour dix coopératives, les seules économies réalisées sur l’achat du bois représenteraient, selon notre hypothèse prudente, environ 57 000 € par an.
Le temps théorique de retour simple sur investissement serait donc de l’ordre de :
50 000 € ÷ 57 000 € × 12 = environ 10,5 mois.

Ainsi, même dans un scénario volontairement prudent, ne prenant en compte ni les gains de productivité, ni les éventuelles économies liées à l’utilisation du solaire pour d’autres équipements, ni une éventuelle prime commerciale, ni une future valorisation carbone, l’investissement présente un potentiel de retour simple inférieur à un an.

C’est précisément ce qui rend l’approche intéressante : le modèle peut rester économiquement pertinent sans avoir besoin de valoriser dès aujourd’hui les bénéfices environnementaux et commerciaux les plus difficiles à mesurer, même s’ils sont fondamentaux.

Économie de bois + amélioration des conditions de travail + gains potentiels de productivité + différenciation commerciale + potentiel de valorisation carbone = un modèle présentant un potentiel économique, social et environnemental significatif.

L’ambition de NOVA et de ses partenaires

C’est l’ambition de NOVA, en partenariat avec la FNPK-Bénin et les autres acteurs de la filière, de démontrer progressivement la faisabilité, l’acceptabilité sociale et la viabilité économique de cette solution au sein des coopératives de femmes productrices de karité en Afrique.

L’objectif n’est pas uniquement de déployer une technologie, mais de construire et documenter un modèle reproductible, adapté aux réalités des coopératives et à leur niveau actuel de développement.
Cette démarche devra notamment permettre :

  • de démontrer les bénéfices économiques et sociaux de la transition vers l’énergie solaire ;
  • de réduire progressivement la consommation de bois-énergie ;
  • d’améliorer les conditions de travail des femmes ;
  • de renforcer la qualité et la traçabilité du beurre ;
  • de professionnaliser progressivement les coopératives ;
  • de faciliter leur accès aux marchés ;
  • et de créer, à terme, les conditions permettant une éventuelle valorisation des réductions d’émissions.

Le partenariat avec la FNPK-Bénin, qui fédère les organisations de femmes productrices d’amandes et de beurre de karité et dispose d’un réseau important de coopératives dans les principales zones de production du pays, constitue à cet égard un levier important pour documenter, accompagner et progressivement répliquer cette approche.
À mesure que les économies générées par la réduction de la consommation de bois seront démontrées, que les coopératives amélioreront leur productivité et leur accès aux marchés et que des débouchés à plus forte valeur seront sécurisés, la contribution financière nécessaire par coopérative pourrait progressivement diminuer, permettant d’envisager une mise à l’échelle plus autonome du modèle.

En résumé

Une solution énergétique durable, adaptée aux réalités des coopératives, permettant de réduire la consommation de bois, d’améliorer les conditions de travail, de renforcer progressivement la compétitivité des unités de transformation et de créer les conditions d’une meilleure valorisation commerciale et environnementale du beurre de karité.

Avec des hypothèses volontairement prudentes — 10 tonnes de beurre par coopérative et par an et 75 FCFA/kg de bois — le modèle permettrait déjà d’économiser environ 500 tonnes de bois par an pour dix coopératives, soit près de 37,5 millions FCFA (environ 57 000 €) d’économie annuelle,  (et donc 500 tonnes de CO2 évités) sans même valoriser les autres bénéfices attendus.